Alors que tout le monde est en train de se branler de regarder les annonces des géants du jeu vidéo à l’E3, une question reste toutefois encore en suspend concernant les DRM des futurs jeux qui sortiront ces prochaines années. Entre le cafouillage de Microsoft pour sa Xbox One ou les tristes expériences du passé, les éditeurs ne semblent pas encore prêts à passer au « sans DRM ». Triste constat qui comme le répète la communauté depuis des années, c’est bien souvent le consommateur qui pâtit de ces protections contraignantes et qui peuvent même parfois empêcher purement et simplement de jouer. On se rappelle du récent problème pour Sim City ou encore de Diablo 3 à son lancement… L’avenir semble assez sombre et on regrette vraiment que rien ne bouge si ce n’est via la scène indépendante qui est plus compréhensive et vend ses productions sans verrous.
Il est certain que la Xbox One et la PlayStation 4 vont tenter de se protéger du piratage en imposant des vérifications en ligne et/ou en associant un jeu à son compte (à la manière de Steam). Dans l’immédiat cela ne parait pas gênant dans les fait sauf si effectivement il y a des problèmes techniques. Il faut aussi voir plus loin dans l’avenir et penser à la sauvegarde du patrimoine vidéo-ludique. En effet, si à une époque le jeu vidéo n’était pas considéré comme un art à part entière, les mentalités évolues depuis ces dernières années, la culture geek a réellement pris de l’ampleur via l’Internet et ce média est de plus en plus pris au sérieux et à raison.
Cette nouvelle génération de console qui arrive risque de signer un vrai tournant dans l’histoire du jeu vidéo en imposant de nouvelles protections inédites qui pourraient même signer l’arrêt de mort du marché de l’occasion et en même temps le risque de perdre ces jeux dans un avenir proche (bon ok, ils seront probablement crackés et partagés sur le web). Bien entendu le problème majeur que pose ce type de protections concerne le marché de l’occasion qui permet aux bourses les plus modestes de découvrir des licences qui leur auraient été inaccessibles. On parle bien d’accès à la culture ici. On pourrait espérer une baisse des prix (j’avais publié un article sur le sujet) mais ça ne semble pas à l’ordre du jour.
L’ancienne génération « à cartouche » fait toujours des émules, les jeux s’échangent encore et les consoles fonctionnent encore aujourd’hui. On peut facilement douter de cette fiabilité des machines qui vont arriver dans nos salons. La rétro-compatibilité aurait dû être présente sur cette génération mais le business a clairement pris le dessus et on nous vendra des vieilleries à prix d’or et bourrés de protections. Le seul espoir (si cette politique de DRM ne change pas) reste la scène du hacking et de l’émulation. Il faut bien comprendre que la sauvegarde de ce patrimoine ne se fera que de manière illégale c’est un fait.
Le dématérialisé va aussi être au cœur des discussions puisque comme l’a annoncé Microsoft, les jeux de téléchargés sur la Xbox 360 ne seront pas disponibles sur la nextgen. La vaseline n’étant pas fournie avec la Xbox One, la migration risque d’être assez douloureuse et c’est d’autant plus vrai pour les gros joueurs qui ont acheté bon nombre de jeux dématérialisés. Mauvaise pioche puisque ce sont les meilleurs clients qui vont être lésés. La vrai/fausse excuse de l’impossibilité de la rétro-compatibilité, on nous l’avait déjà fait avec la PlayStation 3 (dont les premières versions étaient capables de faire tourner les jeux des deux précédentes générations)…
Bref, il est clair que les jeux vidéo risquent de souffrir des ces protections malsaines qui au finale n’embarrasseront que les personnes qui emprunteront la voie légale mais c’est aussi d’une certaine manière une provocation de la scène des hackeurs qui se feront un plaisir de casser ces verrous et qui libéreront les utilisateurs et par la même occasion favoriseront le piratage et/ou l’émulation. C’est regrettable car la solution est pourtant simple…







